Deux questions sur les catastrophes à venir
Lisez jusqu'à la fin pour un ballet robotisé et des jeux à -91 %
Édito
Par Ambroise Garel
Afin de vous épargner la lecture d’un pavé en ces temps de chaleur accablante, voici, en guise d’édito, deux questions simples mais profondément anxiogènes, sur lesquelles vous pourrez méditer en regardant tourner les pales de votre ventilateur.
L’entreprise chinoise Z.ai vient de rendre public GLM 5.2, un modèle d’IA open weights pourvu d’une fenêtre de contexte d’un million de tokens, soit assez pour travailler sur un dépôt de code entier. Les benchmarks (qui certes ne sont pas des métriques parfaites, surtout depuis que les modèles sont optimisés pour y obtenir un bon score, mais donnent tout de même une vague idée) le placent seulement 1 % derrière Claude Opus 4.8 pour les tâches de programmation. Si certaines entreprises craignent encore de l’utiliser en raison de son origine chinoise, Z.ai n’en a pas moins prouvé qu’un modèle local capable de bosser sur d’énormes contextes (ce qui restait jusqu’ici l’un des gros points forts des modèles cloud) était possible — et il n’y a aucune raison que les progrès s’arrêtent là. D’où cette première question : dans un contexte de tokens condamnés à être vendus de plus en plus cher, que se passera-t-il si demain n’importe quelle entreprise peut faire tourner son propre modèle local, suffisant pour 95 % des tâches ? Qu’adviendra-t-il alors de l’économie américaine (et, par ricochet, mondiale), qui a décidé de jouer un all-in sur la survalorisation d’une poignée de boîtes convaincues que, seules détentrices de la technologie du futur, elles étaient destinées à devenir incontournables ?
La deuxième question est un conte philosophique pour candidats à l’ENA. Imaginons qu’un royaume de plus en plus tyrannique, appelons-le Royaume A, ait inventé une technologie farcie d’externalités négatives mais dont on nous dit que celui qui la contrôle sera demain le maître du monde. Imaginons maintenant qu’un autre royaume, que nous appellerons Union européenne car les paraboles ça va cinq minutes, voie ses entreprises se reposer de plus en plus sur la technologie de son rival, avec tout ce que cela suppose en matière de dépendance technique et de flux financiers. Que faire ? Refuser de se lancer dans la course et risquer de devenir un vassal, sans pour autant empêcher la catastrophe sociale et environnementale qui s’annonce ? Ou contribuer à son tour à la destruction, dans l’espoir de conserver au moins son indépendance ? Vous avez quatre heures. Ou plutôt, vu le calendrier électoral français, dix mois.
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Le triste monde tragique de la technologie
Notre revue de presse de la tech déchaînée, par Ambroise Garel
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FranceInfo.fr. Une start-up française développe un système de vérification de l’âge par l’analyse des mouvements de la main, qu’elle présente comme une alternative « préservant l’anonymat de l’internaute » (ce qui se discute) aux systèmes de vérification traditionnels. Et non, je ne ferai pas de blague sur l’accès aux sites pornos déterminé par des mouvements de la main, même par 40°C à l’ombre j’ai ma dignité.
Yahoo.com. Quand on imagine les manifestants contre l’installation d’un data center, on a tendance à imaginer, sinon une bande de hippies baignant dans un nuage de patchouli, en tout cas des gens plutôt de gauche ou écolos. Ce ne sera pas le cas lors de la manif’ prévue aux USA le 18 juillet prochain, organisée par Humans First, une association anti-IA conservatrice à la tête de laquelle on trouve des vétérans du Tea Party. Ce qui non seulement prouve que l’opposition aux data centers est transpartisane, mais pousse aussi à se demander combien de temps le bloc de droite, qui tente de réunir techbros transhumanistes et rednecks conservateurs, va pouvoir tenir.
BBC.com. Souhaitant rejoindre la course aux lunettes connectées, Snapchat a à son tour annoncé une paire de binocles à réalité augmentée. Et, désolé mais il n’y a pas d’autre mot, elles sont absolument dégueulasses. D’ailleurs l’action SNAP s’est vautrée de 9 % immédiatement après l’annonce. Comme quoi si le marché n’a pas de morale, il a au moins du goût.
TomsHardware.com. Un Anglais vient d’être condamné à 26 mois de prison (dont 18 avec sursis) pour, tenez-vous bien, avoir vendu des CD de musique piratée. Les faits ont eu lieu entre 2018 et 2022, c’est dire si le type était rétro.
TheVerge.com. Midjourney a présenté un scanner à ultrasons qui, couplé à une IA en interprétant les échos, est capable de générer des images précises de l’intérieur du corps humain. L’entreprise prévoit d’en installer une dizaine dans, je cite, « un spa à San Francisco ». Je n’ai aucune idée de la fiabilité de la chose mais une scène où de riches américains en peignoir pénètrent dans une cabine chargée d’halluciner la forme de leurs viscères serait parfaite dans le prochain film de Cronenberg.
Pettichat.com. C’est dommage parce que, pour une fois, il s’agit d’un domaine dans lequel les IA pourraient exceller : aider les éthologues et autres curieux à mieux comprendre la communication animale en analysant mimiques, mouvements et cris à grand renfort de big data. Mais comme en ce bas monde les meilleures idées doivent toutes finir transformées en attrape-gogos, on devra se contenter de PettiChat, un collier connecté qui prétend traduire en langage humain les cris de votre animal de compagnie.
CafeTech.Substack.com. Sam Altman, qui n’est pas du tout en train de paniquer et ne se réveille pas la nuit en hurlant « Anthropic ! » dans des draps trempés de sueur, compte bien remettre OpenAI dans la course. Par exemple en transformant ChatGPT en une « super app » sur le modèle asiatique. Le chatbot deviendrait une machine à tout faire qui intégrerait des outils externes (Booking, Spotify…) pour devenir un assistant personnel, mais aussi Codex, l’outil de génération de code d’OpenAI. Et si vous vous demandez quel rapport il y a entre un assistant personnel et un générateur de code (et quel sens ça a de les réunir dans une même app’), c’est simple : ils comptent parmi les rares usages des LLM qui peuvent espérer un jour devenir rentables. Aucune panique, je vous dis.
Les bons plans matos
Thermomètre Hygromètre Intérieur SwitchBot (9 €). Pour mesurer précisément à quel point vous crevez de chaud, un petit thermomètre d’ambiance qui donne aussi le taux d’humidité. On trouve moins cher, mais celui-ci dispose d’une app compagnon et d’un suivi des données pour ceux qui ont une utilisation spécialisée (cave à vin, étui d’instrument, etc.).
Ventilateur sur pied Levoit (80 €). De quoi préparer la prochaine canicule. Ce ventilateur est silencieux (moins de 20 dB), réglable en tous sens y compris via une minuterie pour la nuit et doté d’une télécommande.
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La semaine du jeu vidéo
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Notre sélection d’articles
L’article gratuit de la semaine : Le Steam Controller, une excellente manette qui attend encore son heure
Et aussi :
En chantier : Far Far West
À venir : Alien : Isolation 2
En test : Star Fox
Les bons plans GamesPlanet
Notre sélection jeux vidéo
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Quelques suggestions :
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Le contenu de la semaine
Fraîchement cueilli dans les fermes de contenu d’Internet, par Ambroise Garel
Les robots qui tombent, c’est comme les toiles de Rothko. Pour les béotiens, ce sont tous les mêmes. Mais les esthètes qui en ont vu des centaines ont appris à distinguer le charme unique de chacun d’entre eux. Et celui-ci, qui passe de la grâce à l’autodestruction en une fraction de seconde, est un chef-d’œuvre.
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➫ Hashtag haine : La MMAsphère normalise les combats clandestins
➫ Terres rares d’élection : Le numérique, entre guerre mondiale et tables rondes encravatées
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